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Les syndicats pris au piège de la « négociation » - Edito du n°41
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Les syndicats pris au piège de la « négociation » - Edito du n°41

L’offensive du gouvernement et du patronat redouble d’intensité. Dans le public comme dans le privé, tous les moyens sont bons pour réduire les effectifs et augmenter la pression sur les travailleurs. La Santé publique et l’Education nationale, comme l’ensemble de ce qui reste des services publics, sont asphyxiées par le manque de moyens. Dans le secteur industriel, les patrons exercent un chantage permanent contre les travailleurs. Ils répondent aux revendications par des menaces de délocalisation ou de cessation d’activité. Et ce ne sont pas que des menaces. La désindustrialisation de la France, en cours depuis de nombreuses années, s’accélère.

Les retraites sont de nouveau dans le collimateur, et le resteront – que personne ne se fasse la moindre illusion là-dessus – jusqu’à ce que le patronat et les gouvernements à sa botte les aient complètement supprimées au profit des assurances privées. Le gouvernement coupera les allocations des chômeurs qui rechignent à accepter des salaires de misère. Ceci exercera une pression supplémentaire sur tous les salaires. Le travailleur payé « correctement » sera mis encore plus directement en concurrence avec le chômeur affamé qui craint de se retrouver à la rue – tout comme il se trouve confronté à la concurrence de travailleurs plus facilement intimidés et corvéables, parce que sans-papiers. C’est pour cette raison, entre autres, que la lutte pour la régularisation des travailleurs sans papiers concerne tous les travailleurs.

Sarkozy et Fillon se réjouissent des chiffres officiels de la « croissance » de 2007, revus à la hausse au bon moment par la direction de l’INSEE. Mais cela change quoi ? La hausse des prix – nettement plus grave que ne le laissent croire les statistiques du gouvernement – dévalorise le travail de tous. On doit travailler toujours plus, et souvent plus longtemps, pour sortir à la fin du mois avec une paye qui vaut toujours moins. La hausse des prix est due, pour une très large part, à l’avarice capitaliste. Comment se fait-il que les produits fabriqués désormais en Chine ou en Afrique – où les salaires sont pitoyables – se vendent toujours plus cher en France ? Les marges de profit augmentent au détriment du consommateur. Le cas des marins pêcheurs – pris à la gorge par les quotas, le prix du gasoil et ce que leur rapporte la vente du poisson aux distributeurs – est un bon exemple. Ils partent en mer pour toucher une solde proche de zéro et parfois même négative, alors que le prix du poisson, dans les magasins, ne cesse de grimper. La flambée des prix et des loyers, la précarité croissante de l’emploi se traduisent par une baisse importante du niveau de vie de la masse de la population.

Ceci ne fait que souligner la nécessité d’un programme général visant à briser le pouvoir économique des capitalistes. Ce n’est que de cette façon qu’il sera possible de soulever un mouvement de résistance massif. La stratégie syndicale qui consiste à négocier avec le patronat et le gouvernement « dossier par dossier » n’est pas efficace. Cette approche a mené d’échec en échec. Dans Le Figaro, Raymond Soubie, conseiller de Sarkozy, glose sur la manière dont les directions syndicales se laissent prendre dans les filets des « négociations ». L’éditorialiste Charles Jaigu a détaillé la méthode du gouvernement. D’abord « noyer l’adversaire sous un grand nombre de dossiers ». Ensuite « écouter, recevoir et traiter les partenaires sociaux [afin de] changer de ton, mettre du liant. » Finalement, « imposer des ultimatums » en précisant que « vous avez trois mois pour trouver un accord, sinon nous nous substituons à vous. » [1] Ainsi se résume, avec un parfait cynisme, le piège dans lequel les dirigeants syndicaux, y compris ceux de la CGT, se sont laissés enfermer. Comme nous l’avons toujours dit dans ce journal, le but de ces « négociations » n’est autre que de paralyser les syndicats, de gagner du temps. Et ce que le gouvernement fait mine de céder, sur tel ou tel point secondaire, fera l’objet d’une nouvelle réforme quelques mois plus tard. C’est ainsi avec les retraites, avec les 35 heures et les nouvelles mesures répressives à l’encontre des chômeurs.

La direction de la CGT devrait renoncer à ces négociations factices, se tourner vers les syndicalistes de base et s’efforcer d’unir toutes les catégories de travailleurs pour préparer une contre-offensive massive autour d’une plate-forme commune de revendications. Cette plate-forme devrait englober les revendications salariales, la défense des retraites et des services publics, les droits des travailleurs, etc.

Le rôle du PCF

La lutte contre la régression sociale doit également trouver une expression politique. Le Parti Socialiste est paralysé par la politique pro-capitaliste de sa direction, qui ne cesse de souligner son accord avec les aspects les plus importants de la politique du gouvernement. Il revient donc au PCF de fournir un programme combatif et révolutionnaire, un programme qui se distingue très nettement du « réformisme sans réformes » du PS, ce qui n’est pas le cas de son programme actuel. Le parti a besoin d’un programme qui défend les intérêts des travailleurs en matière de salaires, de conditions de travail, de logement, de services publics, de retraites, de lutte contre le racisme, etc. Mais cela ne suffit pas. Le PCF doit expliquer que toutes les conquêtes sociales du passé seront constamment menacées tant que les capitalistes conserveront leur emprise sur la production, sur la distribution, les services et le système bancaire. Il est donc impératif d’en finir avec le système actuel. Cela signifie l’expropriation des capitalistes. Le PCF doit se présenter comme le parti qui propose une alternative révolutionnaire au capitalisme, le parti qui veut réaliser le socialisme.

La Riposte
Publication : vendredi 30 mai 2008

[1] Sarkozy et les syndicats : les fils secrets du dialogue. Charles Jaigu, Le Figaro du 22 mai 2008.

Les syndicats pris au piège de la « négociation » - Edito du n°41
Le 31 mai 2008

Oui bien vu, merci.

La CGT a signé début avril la "position commune" sur la représentativité syndicale avec à la grande joie du MEDEF et de Sarkozy.

La CGT a aussi dit oui, dans le même texte, à la possibilité de "fixer par des accords d’entreprise conclu à la majorité absolue les modalités de dépassement des contingents d’heures supplémentaires." Et oui, rien que ça ...

Mais maintenant que Sarkozy charge un peu plus la barque en allant un peu plus loin dans la casse des 35 h, la CGT dit non et organise, avec la CFDT, une manifestation en juin pour sauvez ... les 35 h ! C’est du grand guignol tout ça !

Mais au fait, pourquoi la CGT a signé en avril avec le MEDEF et Sarkozy ??



Les syndicats pris au piège de la « négociation » - Edito du n°41
Le 1er juin 2008

35 heures : le gouvernement met la CFDT et la CGT en porte-à-faux

(...) La perspective d’un nouveau mouvement social ne semble, en tout cas, guère inquiéter l’exécutif. Hier, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, l’a répété : il « assume totalement » ses « divergences » avec les partenaires sociaux. Ceux-ci ne se font « pas piéger » car ils étaient « prévenus » dès l’hiver que le gouvernement se réservait la possibilité d’aller plus loin sur les 35 heures si, dans la position commune, ils se contentaient d’effleurer le sujet. (...)

http://www.lesechos.fr/management/actu/4734349.htm

* * *

35 heures : ce que prévoyait la position commune, ce que prévoit le gouvernement

[ 30/05/08 - 16H53 - actualisé à 16:52:00 ]

Temps de travail et assouplissement des 35 heures : ce que prévoyait la "position commune" sur la représentativité syndicale signée par la CGT, la CFDT, le Medef, la CGPME, et ce qu’envisage le gouvernement dans le second volet de son avant-projet de loi.

Le texte, qui doit être finalisé lundi au plus tard, maintient la durée légale du travail à 35 heures mais permet de fixer au sein de l’entreprise une durée réelle supérieure, grâce aux heures supplémentaires notamment.

LA "POSITION COMMUNE"
 L’article 17 permettait "à titre expérimental" de relever les contingents annuels d’heures supplémentaires par accord d’entreprise conclu avec des syndicats représentatifs ayant obtenu la majorité absolue des voix aux élections des représentants du personnel.

CE QUE PREVOIT L’AVANT-PROJET DE LOI
 L’avant-projet de loi maintient la DUREE LEGALE légale hebdomadaire du travail, fixée depuis les lois Aubry à 35 heures (1.607 heures par an). Autrement dit, les heures supplémentaires se déclencheront toujours à partir de la 36e heure et resteront exonérées de cotisations sociales et défiscalisées (loi TEPA).

Le texte conserve aussi les durées maximales de travail (11 heures par jour, 48 heures par semaine).

 Le régime des HEURES SUP (qu’un salarié ne peut refuser de faire) a été porté en 2002 à 180 heures maximum par salarié et par an, puis à 220 heures en 2003. Mais ces nouveaux contingents ne sont applicables que si les branches professionnelles ont renégocié des accords antérieurs à 2003 ou autorisé les entreprises à négocier des contingents différents. Certaines branches (BTP) ont donc encore des contingents inférieurs à 220 heures. L’avant-projet de loi permet aux entreprises de les dépasser sans autorisation de l’inspection du travail s’il y a accord de syndicats ayant recueilli au moins 30% des voix aux élections professionnelles et s’il n’y a pas d’opposition des syndicats représentant 50% des salariés.

 Actuellement, une heure travaillée en plus du maximum d’heures supplémentaires autorisé donne droit à un REPOS COMPENSATEUR, fixé par la loi à une heure de repos dans les entreprises de plus de 20 salariés et 30 minutes dans les autres. A l’avenir, la loi mentionnerait seulement une "contrepartie obligatoire en repos", dont le niveau serait fixé par accord d’entreprise (ou branche). Le paiement de "tout ou partie" des heures supplémentaires pourrait être remplacé par un repos compensateur.

 Jusqu’alors réservés aux cadres et aux salariés itinérants (VRP, etc), les FORFAITS annuels heures pourront être étendus à tous les salariés par accord d’entreprise. Dans ce cas, l’employeur pourra fixer par convention individuelle la durée de travail hebdomadaire de ses salariés au-delà de 35 heures par semaine dans la limite des durées maximales autorisées. Les forfaits annuels en jours resteraient réservés à certains salariés (cadres autonomes notamment). Mais le plafond annuel de jours travaillés serait fixé par accord d’entreprise (ou de branche) si bien que la limite de 218 jours pourrait être dépassée. Le salarié volontaire pourrait aussi travailler au-delà de la durée annuelle fixée par forfait ou renoncer à une partie de ses jours de repos moyennant une majoration de salaire d’au moins 10%.

 Un accord d’entreprise (ou branche) pourrait "définir les modalités d’AMENAGEMENT DU TEMPS DE TRAVAIL" (modulation des horaires, travail par cycle, etc) et "organiser la répartition de la durée du travail sur tout ou partie de l’année". Il fixerait notamment un délai pour prévenir les salariés s’il y a changement d’horaires. (Source AFP)

http://www.lesechos.fr/info/france/300269067.htm



Les syndicats pris au piège de la « négociation » - Edito du n°41
Le 5 juin 2008
Quand allez vous publier un article sur la position commune MEDEF-CGPME-CGT-CFDT ? Ce texte est le plus grave recule social depuis 1895 ! Il est grand temps que le PCF et La Riposte mettent au grand jour le nouveau visage de la CGT. De syndicat de lutte à syndicat d’accopagnement et toujours des courageux !


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