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Les marchands de la mort
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Les marchands de la mort

Depuis le 11 septembre, nos capitaines d’industrie et leurs représentants politiques nous expliquent que la France a de sérieuses carences en matière de défense. Dans l’Express du 31/10, une enquête nous apprend qu’en matière d’industrie militaire, la France est actuellement “désarmée”.

Pourtant, le budget de l’armement était déjà de 245 milliards de francs en 2001, et le budget 2002 a été encore augmenté à 250 milliards de francs. A cela s’ajoute le projet de loi de programmation militaire (LPM) pour 2003-2008, adopté par le conseil des ministres, qui s’élève à 527 milliards de francs, une somme pourtant jugée trop faible par Chirac.

Selon le gouvernement, la politique d’armement de la France a pour objectif de “permettre une graduation des moyens de coercition”. Il s’agit en réalité de pouvoir faire pression plus rapidement, avec des armes de projection, sur des pays ex-coloniaux, pour imposer leur asservissement.

L’industrie de l’armement se met à donner des conseils en matière de défense et de politique sécuritaire. Elle insiste sur le retard de la France dans ces domaines. Dans une interview publiée dans Le Figaro du 02/10, Philippe Camus, PDG d’EADS, numéro deux mondial de l’aviation et numéro deux européen de l’armement, nous livre son analyse : “Pour la première fois, le monde dans son ensemble comprend (...) qu’on ne peut pas régler tous les problèmes sur une base uniquement individuelle et que l’action publique existe. La sécurité est une mission publique.” Donc l’État doit renforcer la sécurité et acheter des armes. “Là où l’écart [avec les USA] est important, c’est en matière de quantité dans les équipements, les missiles, les hélicoptères et les satellites militaires.” Derrière ces belles formules, ce que veut le PDG, c’est que l’argent public lui achète les armes qu’il fait construire.

A l’heure où l’économie entre en récession, les grands groupes comme EADS ont peur de ne pas pouvoir réaliser suffisamment de bénéfices à partir de la production civile. Ils misent sur la course aux armements et la guerre pour en faire davantage. La guerre est bonne pour leurs affaires. Par exemple, profitant de la guerre entre l’Inde et le Pakistan, Dassault a vendu le même avion de combat aux deux pays.

Hubert Prévaud CGT Toulouse
Publication : décembre 2001


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