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Le crédit, ou comment asservir les salariés
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Le crédit, ou comment asservir les salariés

On entend parfois dire, notamment par la droite, que les Français ne sont pas assez endettés et qu’ils devraient encore plus emprunter pour soutenir la consommation, « et donc la croissance ».

On peut d’abord s’étonner que la droite souhaite voir les français s’endetter davantage, alors que, dans le même temps, elle trouve que la France est, elle, trop endettée.

Messieurs Barre ou Sarkozy voudraient que les français dépassent les 60% de taux d’endettement pour atteindre 70, 80 voire plus de 100%, comme c’est le cas aux Etats-Unis.

M. Sarkozy veut gérer la France en « bon père de famille », comme il dit, et en conséquence réduire la dette de l’Etat en faisant des coupes franches dans les dépenses publiques. Mais en même temps, il encourage les Français à être de « mauvais père de famille », en aggravant leurs dettes. Où est la logique ?

La logique est double. D’abord, le crédit permet de soutenir la croissance de façon artificielle, puisqu’en s’endettant, les gens dépensent de l’argent qu’ils n’ont pas. Mais il y a un autre objectif, plus sournois. L’endettement des ménages permet de maintenir la pression sur les salariés. Le crédit est un bon moyen de réduire la contestation salariale. Un salarié endetté n’a que très peu de marge financière, et il peut difficilement se permettre de perdre une journée de salaire pour cause de grève. Il doit, aussi, tout faire pour garder son emploi, car un passage par la case chômage le mettrait dans une position financière intenable, les échéance de crédit ne connaissant ni le droit de grève, ni même l’arrêt maladie, qui devient quasi-impossible.

Puisque le salarié n’a que sa force de travail à vendre, le crédit est une façon de la vendre par anticipation. Or, de ce point de vue, l’évolution du crédit montre aussi la déliquescence de notre société capitaliste. Si, avant, le crédit servait à un achat important, comme une voiture ou un canapé, il sert de plus en plus, aujourd’hui, à finir les fins de mois.

Autrement dit, on ne vend plus sa force de travail par anticipation pour écourter le délais d’acquisition d’un produit ; on la vend par anticipation pour pouvoir acquérir les moyens de renouveler cette force de travail ! C’est le serpent qui se mord la queue. Nous ne devons pas attendre qu’il s’étouffe !

En tant que marxistes, nous avons fait le constat que le capitalisme a cessé d’être un moteur de progrès pour l’humanité, malgré toutes les tentatives de cacher ce fait de façon artificielle. Ces dernières années, les symptômes d’une profonde remise en cause de ce système se multiplient. Le socialisme est la seule solution.

Sylvain Roch (PCF Moulin)
Publication : mercredi 11 avril 2007


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