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Délire policier à Strasbourg
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Délire policier à Strasbourg

Samedi dernier, Strasbourg a été le théâtre d’un spectaculaire déploiement des forces de l’ordre, dans le but d’empêcher l’organisation d’une manifestation du collectif de soutien aux « sans » (sans-papier, sans-emploi, sans-logis…). Ce collectif a vu le jour le jeudi 25 janvier, et regroupe – entre autres – l’UD CGT 67, le collectif jeunes CGT 67, SUD-Etudiants et deux organisations anarchistes. Son objectif est de venir en aide aux « Enfants de Don Quichotte » de Strasbourg. Le soir de la création du collectif, il a été décidé d’organiser une manifestation le samedi 27 janvier, place Kleber, pour essayer de faire avancer la situation, alors que toute négociation est interrompue entre la préfecture et les SDF, et que leurs conditions de vie sur le camp sont très difficiles, notamment avec l’arrivé de la neige et du froid. Sur le camp, il y a près de 50 tentes, mais ni eau courante ni de toilettes, que la ville et la préfecture refusent d’installer.

Donc, dès le vendredi 26, un tract a été imprimé et l’appel a été diffusé par mail. Le lendemain, trois militants distribuaient des tracts, place Kléber, vers 11h30. Moins d’une heure après, trois camionnettes de gendarmes mobiles prirent place sur le lieu prévu du rassemblement, suivi quelques minutes plus tard par trois cars de gendarmes mobiles. L’un des trois militants a été interpellé par la police nationale, qui l’a placé en garde à vue pendant 5 heures. Les RG, également sur les lieux, nous ont dit que le rassemblement était interdit par la préfecture, et que la diffusion de tracts appelant un évènement non-autorisé était illégale. Ils nous ont demandé de faire le nécessaire pour que personne ne vienne. Nous leur avons répondu qu’il était trop tard, et que les gens viendraient. A 14 heures, en plus des gendarmes mobiles, deux cars de CRS sont arrivés, accompagnés de sept camionnettes, ainsi que de plusieurs véhicules de la police nationale et municipale.

Finalement, le rassemblement eut lieu place Gutenberg, mais n’a mobilisé qu’une trentaine de personnes. Le dispositif mis en place par les forces de l’ordre aura découragé de nombreuses personnes. On a estimé à 300 le nombre CRS et de gendarmes mobiles présents dans le centre ville de Strasbourg, ce jour là. Même pendant les manifs anti-CPE, on n’avait pas vu un tel déploiement de forces !

Un mois plus tôt, le 1er camp des « Enfants de Don Quichotte » avait été expulsé manu militari par les CRS, place Broglie.

Julien Gorrand (CGT 67)
Publication : mardi 30 janvier 2007


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